France : le sénat pointe les difficultés de financement de l’AEFA en Algérie

Le sénat français a mis l’accent, dans un rapport des sénateurs Vincent Dlahaye et Rémy Féraud, sur les difficultés de financement de l’Agence de l’enseignement du français à l’étranger (AEFA).

Selon le document de 118 pages consulté par Observ’Algérie, l’AEFA rencontra ainsi des difficultés dans le financement de ses établissements à l’étranger dans certains pays, notamment en Algérie, en Tunisie, au Maroc, en Angola, au Venezuela,  au Brésil et en Chine. Ces difficultés seraient principalement liées au règlement en vigueur dans ces pays concernant les mouvements des capitaux.

Le document note ainsi que pour le cas de l’Algérie, ce sont 14,36 millions d’Euros qui n’ont pas pu être transféré pour le financement du lycée international Alexandre Dumas d’Alger, en raison des lois en vigueur concernant l’entrée et sortie de capitaux du territoire national. Le rapport a ainsi mis en cause l’absence d’ « autorisation de transfert par voie de chancellerie à hauteur de 3,6 millions d’euros depuis novembre 2017 pour un an ». « La dernière demande de transfert de mai 2018 est restée sans réponse » lit-on dans le même texte.

Outre l’Algérie, les restrictions sur les transferts de capitaux ont touché 18,84 millions d’Euros destinés aux établissements de l’AEFA en Tunisie, 2,79 millions d’Euros au Maroc ainsi que 9,73 millions d’Euros en Angola. Ces difficultés ont également été rencontrées au Venezuela, au Brésil et en Chine pour des montants respectifs de 2,99, 4,71 et 4,77 millions d’Euros.

Par ailleurs, le rapport indique que pour le compte de l’année scolaire 2017/2018, un montant total de 2755,72 Euros a été dépensé pour chacun des 1753 élèves du lycée français d’Alger, auxquels s’ajoutent 208 élèves scolarisés à la Petite École de Hydra (Alger) qui dépend de la Mission laïque française (Mlf), elle même partenaire de l’AEFA.

Immigration : la France va réduire le nombre de visas pour les algériens

Le sénat français a adopté, mardi 26 juin, la nouvelle loi asile-immigration par 197 voix contre 139. Cette loi instaure plusieurs nouvelles mesures pour lutter contre l’immigration clandestine.

L’une des mesures phares contenues dans cette loi est la réduction du nombre de visas accordés aux ressortissants des pays jugés « peu-coopératifs ». Les pays « peu-coopératifs » sont ceux qui délivrent un nombre de laisser-passer consulaires particulièrement faible, ou qui ne respectent pas les disposition d’un accord en matière de lutte contre l’immigration clandestine.

« Le visa de long séjour peut être refusé au ressortissant d’un État délivrant un nombre particulièrement faible de laissez-passer consulaires ou ne respectant pas les stipulations d’un accord bilatéral ou multilatéral de gestion des flux migratoires. » stipule ainsi l’article 11A de la loi adoptée par la chambre haute du parlement français.

À ce titre, l’Algérie est considérée comme un pays peu-coopératif puisqu’en 2017, elle n’a délivré que 45% des laisser-passer consulaires sollicités par les autorités françaises pour l’expulsion de ses ressortissants. De même, le Maroc sera également touché par la mesure contenue dans la loi française sur l’immigration, puisqu’il n’a délivré que 27,5% des laisser-passer consulaires qui lui ont été sollicités.

Pour rappel, plusieurs demandeurs de visa algériens ont constaté, il y a quelques jours, que la durée de validité du document de voyage qui leur avait été délivré ne dépassait pas les six mois. Le consulat général de France à Alger n’a encore apporté aucune précision par rapport à ce sujet.

Visas pour la France : vers le durcissement des conditions pour les algériens

Le directeur central de la police française des frontières, Fernand Gontier, a plaidé pour un durcissement des conditions d’octroi des visas aux ressortissants algériens.

Dans un rapport présenté devant le sénat français, le directeur central de la police française des frontières a en effet appelé à durcir les conditions d’octroi des visas aux algériens, notamment à cause du grand nombre d’immigrés de nationalité algérienne qui vivent illégalement sur le sol français.

« L’Algérie nous préoccupe (…) beaucoup : sa jeunesse est en désespérance et quitte le territoire. La France reste très attractive. » a indiqué Fernand Gontier devant le sénat français, ajoutant que « les algériens représentent la deuxième communauté la plus importante en situation irrégulière sur notre territoire. Nous effectuons plus de 10 000 interpellations par an. Beaucoup d’Algériens arrivent avec des visas mais ne repartent plus. Le directeur général des étrangers en France s’occupe de ce dossier. ».

En outre, Fernand Gontier a également accusé les ressortissants algériens d’user de la fraude et de la falsification des dossiers de visas pour obtenir le précieux document de voyage. « Nous devons être très vigilants sur les procédures de délivrance des visas. » a également plaidé le directeur central de la police française des frontières, en ajoutant qu’ « il est possible d’obtenir un vrai visa avec de faux documents ».  « En Algérie, il y a des fraudes évidentes. Des vérifications s’imposent » a également dit le même responsable.

Accusations contre l’Algérie: Le sénat français désavoue le Maroc

Le ministre des affaires étrangères marocain, Nasser Bourita, a récemment accusé l’Algérie, à travers un entretien accordé au magazine hebdomadaire « Jeune Afrique », d’avoir « déstabilisé la région du Sahel », du fait d’avoir facilité des rencontres sur son sol entre des responsables du Hezbollah et ceux du front Polisario .

Des sénateurs français, qui ont accompli une mission d’audit de l’opération militaire menée par leur pays au niveau de la région du Sahel, ont rédigé un rapport faisant état de la dégradation de la sécurité de la région. Soulignant « le rôle majeur » que joue l’Algérie dans le maintien de la paix au nord du continent africain, contredisant ainsi le ministre des affaires étrangères marocain.

« Lors de nos entretiens politiques au Niger et au Mali, nous avons abordé la question de l’Algérie. Il suffit de regarder une carte pour comprendre que rien ne pourra se régler au Sahel sans l’Algérie. On ne peut pas concevoir la paix et la stabilité de cette immense région sans l’Algérie », ont-ils notamment écrit dans leur document.

Pour rappel, l’Algérie s’est empressée de répondre, par le biais d’un communiqué publié par le ministère des affaires étrangères algérien, au diplomate marocain, qualifiant les accusations de ce dernier comme étant « infondées et injustifiées ». Assurant que «l’Algérie reste forte des valeurs qui gouvernent sa politique étrangère».