Kabylie : la police mobilisée contre le boycott de la langue arabe

Kabylie News – Tizi Ouzou. Un dispositif policier a été déployé ce matin, dimanche 28 octobre, devant plusieurs lycées dans la wilaya de Tizi Ouzou.

Ce déploiement de la police devant certains lycées qui ont rejoint le mouvement de grève mené depuis quelques jours pour le boycott de la langue arabe, aurait pour objectif d’empêcher toute manifestation des lycéens dans ce sens.

Au lycée de At Zmenzer (Beni Zmenzer), où cette grève de « boycott de la langue arabe » à été commencée, des voitures de police circulaient inhabituellement, selon notre source. À Iferhounene, la police a également dressé un barrage de contrôle.

Dans communiqué rendu public, la direction de l’éducation de Tizi Ouzou a appelé les élèves à mettre un terme à leur mouvement de contestation et regagner les bancs de leurs établissements. Le premier responsable du secteur, Ahmed Lalaoui, a accusé dans le même communiqué des inconnus de propager ce mouvement de contestation de manière anonyme à travers des publications sur Facebook.

Cette grève a commencé, rappelons-le, le 14 octobre passé pour le boycott de la langue arabe en réaction à un rassemblement des parents d’élèves à Jijel refusant l’enseignement de la langue Ttamazight à leurs enfants. Le mouvement de grève a pris de l’ampleur par la suite dans toute  la wilaya de Tizi Ouzou, ainsi qu’à Béjaia.

Lire également: Manifestation contre l’enseignement de Tamazight à Jijel

Kabylie: le boycott de la langue arabe prend de l’ampleur (photos)

Après le Lycée des At Zmenzer, la campagne de boycott de la langue arabe, conduite sur les réseaux sociaux, s’étend à présent dans la wilaya de Tizi Ouzou.

En effet, l’appel anonyme lancé sur les réseaux sociaux, il y a quelques semaines de cela pour le boycott de la langue arabe s’est largement propagé dans plusieurs lycées, aux quatre coins de la wilaya de Tizi Ouzou.

Les lycéens des Ouadhias et ceux de Tizi n Tlata ont gelé les cours ce matin. Par la suite, ils se sont donnés rendez-vous au centre-ville pour improviser une marche. Selon des sources sur place, plusieurs mineurs ont été arrêtés par la police. Ils étaient suspectés d’appartenir au mouvement indépendantiste dirigé par Ferhat Mehenni. De même, à Bouzeguene où les cours d’arabe sont également boycottés, les lycéens ont improvisé une marche sous le même mot d’ordre que celui des Ouadhias : « Ma Ulac Tamazight, Ulac Taɛrabt » (s’il n’y a pas de Tamazight, il n’y a pas d’Arabe) après avoir observé un sit-in.

Au total, c’est environ une dizaine de lycées qui sont entrés en grève de langue arabe pour suivre le mouvement de protestation lancé sur les réseaux sociaux. Parmi les régions qui boycottent l’enseignement de l’arabe, nous comptons Tasaft Uguemoun, Tizi Ghennif, Freha, Maatkas, Makouda, Mekla, Djamaa Saharidj.

Lire également: Tizi Ouzou: des lycéens boycottent l’enseignement de la langue arabe

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Un sit-in contre l’enseignement de Tamazight

Un sit-in a été organisé par des parents d’élèves devant une école primaire dans la wilaya de Jijel, pour protester contre l’enseignement de Tamazight à leurs enfants.

Les manifestations existent partout dans le monde, on en voit tous les jours, des manifestations contre les mauvaises conditions de vie, des manifestations contre des systèmes corrompus, ou des manifestations contre une visite d’un gouvernant non désiré, comme celle de Londres lors de la visite de Trump. Mais celles qu’on trouve chez nous sont un peu particulières, chez nous, on manifeste contre la musique, la culture, et dernièrement contre l’apprentissage.

Un sage chinois avait dit un jour « si vous voulez détruire un pays ennemi, il suffit de détruire son système d’éducation », ça veut dire le priver de savoir, mais nous, on a pas besoin d’ennemi, car on refuse d’apprendre, nous sommes devenus l’ennemi de nous même.


(Ce texte accompagnant la caricature de SADKI est à prendre au deuxième degré. Il est parodique et décalé).

Tamazight, le Français et l’anglais supprimés du BAC ?

Nouria Benghabrit revient au devant de la scène médiatique, mais pas sous les attaques virulentes des médias connus pour leur hostilité envers la ministre controversée de l’éducation. Cette fois-ci, c’est le camp progressiste qui dénonce des réformes idéologiques sous le dictât des islamo-conservateurs.

Nouria Benghabrit a t-elle cédé sous la pression des islamistes ? C’est ce qu’affirment des responsables syndicaux, conviés à la présentation de la synthèse du projet de la réforme du baccalauréat, cité par le quotidien francophone El Watan. En effet, les examens de langues étrangères, le français et l’Anglais, seront supprimés lors des prochaines sessions du baccaleauréat algérien pour les branches scientifiques.

Tamazight, pourtant langue nationale et officielle payera également les frais d’une telle décision. L’éducation islamique et l’Arabe seront, quant à eux, préservés, selon les mêmes sources.

La ministre de l’éducation nationale, Nouria Benghabrit défendue bec et angles par le camp laïc en Algérie, face aux attaques et compagnies de dénigrement des islamo-conservateurs, semble céder à la pression de ces derniers, en excluant l’arabe et l’éducation islamique des mesures d’allègement du programme du Baccalauréat en Algérie.

«Si l’idéologie islamo-conservatrice arrive à imposer son dictât sur le secteur de l’éducation, plusieurs questions se posent sur les objectives des réformes entreprises. Une réorientation idéologique de l’école algérienne ou une réparation d’un système éducatif défaillant ?» nous a confié un cadre de l’éducation nationale ayant préféré gardé son anonymat.

Observ’Algérie reviendra sur le sujet à l’issu d’une enquête menée pour connaitre les dessous de l’affaire.

Lire également: Suppression d’une Sourate Coranique: Nouria Benghabrit s’exprime

Bouira: des peines de prison ferme prononcées contre des étudiants

Des peines allant jusqu’à deux ans de prison ferme ont été prononcées contre 20 étudiants de l’Université Akli Mohand Oulhadj de Bouira et des lycéens de la commune de Taghzout, dans la même wilaya, a-t-on appris de sources locales.

Selon les mêmes sources, les accusés ont comparu, jeudi 28 Juin, devant le tribunal criminel de Bouira pour répondre des chefs d’accusation d’atteinte à l’ordre public, agressions sur des agents des forces de sécurité, dégradation de biens publics et appel à un attroupement non armé.

L’affaire remonte au mois de décembre 2017, lorsque les mis en cause avaient pris part à des manifestations pour réclamer la généralisation de l’enseignement de Tamazight, suite à un vote des députés de l’APN bloquant une proposition pour généraliser l’enseignement de cette langue, ont précisé les mêmes sources.

Pour rappel, Les manifestations avaient dérapé en affrontements avec les éléments des services de sécurité qui ont fait plusieurs blessés du côté des manifestants et dans les rangs des forces anti-émeutes. Les éléments de la sûreté de la wilaya de Bouira avaient ensuite procédé à une vague d’interpellations, qui avaient touché pas moins de 20 étudiants et lycéens.

Algérie: un nouvel acquis pour Tamazight

Le conseil des ministres a adopté hier le projet de loi organique relatif à l’Académie algérienne de la langue amazighe, qui a été présenté par le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Tahar Hadjar.

« L’article 4 de la Constitution a notamment créé l’Académie algérienne de la langue amazighe, qui est placée sous l’autorité directe du président de la République. Les missions, la composition, l’organisation et le fonctionnement de ladite instance, ont été définis dans le projet de loi sur Tamazight», peut-on notamment lire dans le communiqué du conseil des ministres.

L’Académie aura un président qui sera désigné prochainement, un bureau et des commissions spécialisées. Elle sera composée de 50 experts en langue amazighe. L’institution aura pour tache d’établir la normalisation de la langue amazighe à tous les niveaux de description et d’analyse linguistique et d’élaborer un dictionnaire référentiel de la langue amazighe.

« L’Etat ouvrera toujours à promouvoir Tamazight, qui est une langue nationale et officielle. Celle-ci a désormais besoin de l’apport des compétences nationales dans ce domaine, pour développer, au sein de l’Académie, les instruments et les règles à même d’accroître l’usage et le rayonnement de cette langue, partie indissociable de notre identité nationale », a affirmé à ce sujet le président de la République.

 

Transcription de Tamazight en Arabe: le ministre de l’intérieur s’exprime

En marge de son intervention hier à l’APN, le ministre de l’intérieur et des collectivités locales, Noureddine Bedoui, a répondu à la question du député Salah Zouiten, relative à l’utilisation de tifinagh au lieu des caractères arabes dans la rédaction du 1er communiqué officiel en langue Amazighe concernant l’opération Hadj 2018. 

Noureddine Bedoui a tenu tout d’abord à rappeler le «vif intérêt que porte son ministère à l’égard de la promotion de la langue amazighe en Algérie, étant une langue nationale et officielle et une partie de l’identité nationale» a t-il dit. Assurant que le haut commissariat à l’Amazighité (HCA) est le seul organisme habilité à statuer sur la question des caractères à utiliser lors de la rédaction de communiqués et autres documents officiels en langue amazighe.

Le ministre a affirmé à ce propos: « La question du choix des caractères adéquats pour écrire en langue amazighe, ne peut être tranchée que par le HCA. Un projet de loi est en cours de préparation concernant cet organisme, qui sera présenté prochainement au conseil des ministres ».

En réponse au député qui a cherché à connaître l’intérêt de l’utilisation des caractères tifinagh, qu’il a considéré comme étant « méconnus par le peuple algérien », au détriment des caractères arabes, Noureddine Bedoui a répondu: « Tamazight est une langue nationale et officielle, dont nous les algériens sommes fiers. On compte la promouvoir pour démontrer la dimension amazighe de la société algérienne ». Avant d’ajouter que l’opération va être suivie par la publication d’autres documents officiels écrits avec les caractères arabes et en tifinagh.

 

 

 

Algérie : un numéro vert dédié à la traduction vert Tamazight (HCA)

Le secrétaire général du haut commissariat à l’Amazighité, Si El Hachemi Assad, a annoncé à Batna la mise en service imminente d’un numéro vert « 10 66 », pour prendre en charge tout ce qui concerne la traduction vers la langue Amazighe . 

Le même responsable a affirmé à l’APS, en marge de l’ouverture du 2 éme colloque national sur « La langue mère et les paris de la mondialisation culturelle » à l’université de Batna 1, que les utilisateurs de ce nouveau numéro pourront avoir accès gratuitement à plusieurs services dont: Les synonymes en Tamazight des noms de sociétés,orientations concernant le choix des prénoms berbères et aussi des explications concernant les différentes appellations .

Si-El Hachemi Assad, a rajouté: « On avait transmis une demande à l’Autorité de Régulation de la Poste et des Télécommunications (ARPT), qui n’a en aucun cas hésité à répondre favorablement à notre requête et a consacré le numéro 10 66 à l’effet de traduire vers la langue Amazighe ». Tout en précisant que « cette initiative est venue pour prendre en charge les besoins des personnes et des sociétés ».

Le secrétaire général du HCA a considéré l’initiative comme: « un pas vers l’avant, qui démontre le vif intérêt que porte le gouvernement à l’égard de Tamazight,qui est devenue faut t-il le rappeler langue nationale et officielle »; tout en saluant « les énormes efforts fournis par le ministère de l’éducation nationale en vue de généraliser l’enseignement de la langue Amazighe ».

 

Tamazight est « un cadeau de Bouteflika » selon Ould Ali El-Hadi

L’ex ministre de la jeunesse et des Sports, El-Hadi Ould Ali ne semble pas avoir pris mal son éviction du gouvernement suite au dernier remaniement ministériel . Il n’a pas tari d’éloges sur le président de la république, Abdelaziz Bouteflika, pour ses décisions au sujet de la promotion de Tamazight . 

Ould Ali El-Hadi a ainsi rendu un vibrant hommage au chef de l’État sur sa page Facebook avec un texte écrit en trois langues ( Arabe , Tamazight et Français ). Il a notamment estimé que la date du 20 avril, marquant cette année le 38e anniversaire du printemps berbère de 1980, était : « une célébration qui intervient une année après l’aboutissement des revendications nationales portées par le Mouvement Amazigh national suite aux dernières décision prises par son Excellence, le Président de la République, le Moudjahid, Monsieur Abdelaziz Bouteflika » . 

Il a aussi souligné que le président de la république « n’a ménagé aucun effort en vue de parachever les fondements de l’identité nationale du peuple Algérien composée d’islamité, d’arabité et d’amazighité » . Après avoir témoigné sa gratitude et sa reconnaissance , Ould Ali a déclaré que la Kabylie n’oubliera jamais ce « cadeau » présidentiel.

Dans une allusion faite aux militants du Mouvement pour l’Autodétermination de la Kabylie (MAK) , l’ex ministre a rappelé les noms de ceux qui se sont sacrifiés dans cette région « qui est partie intégrante de cette Algérie ». Il a également souligné que « ce vaste territoire d’un million et demi de martyrs, poursuivra la voie du développement tracée par son Excellence le Président de la République à travers ses plans quinquennaux, afin de consolider durablement son projet de paix, garant de la stabilité, de la sécurité et de l’unité nationale » .

Algérie : Naïma Salhi attaquée en justice

La députée controversée Naïma Salhi, présidente du parti de l’équité et de la proclamation (PEP) d’obédience islamiste, a été attaquée en justice par le Congrès mondial amazigh (CMA) pour ses déclarations à l’encontre de la langue Tamazight tenues il y a quelques semaines.

Selon le quotidien francophone Liberté qui rapporte l’information, le CMA a jugé les propos de Naïma Salhi comme étant un appel à la haine contre les Amazighs et les kabyles, et a décidé de ce fait de saisir la justice contre la députée controversée.

Naïma Salhi, qui avait déclaré dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux il y a quelques semaines avoir menacée sa fille de mort « si elle prononce un seul mot en Kabyle », a suscité de vives réactions à travers le pays, notamment en Kabylie où ses propos ont été dénoncé par nombre de personnalités artistiques et politiques.

À rappeler que Naïma Salhi crée souvent la polémique avec ses déclaration souvent jugées racistes. La même députée avait notamment appelé en 2017 à l’emprisonnement du fondateur du Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK), Ferhat Mehenni, qu’elle avait qualifié de « terroriste ».