Air Algérie : la suspension des vols risque de perdurer

La perturbation des vols d’Air Algérie provoqué par la grève du Syndicat National des Technicien de la Maintenance des Avions (SNTMA), entamée hier mardi, risque de perdurer.

En effet, selon des sources bien informées, les négociations entre le SNTMA et la direction de la Compagnie Aérienne nationale engagées vers 11 heur du matin n’ont pas abouti, après la décision du PDG d’Air Algérie Bekkhouche Alleche de s’appuyer sur «l’illégalité de la grève déclenchée sans préavis», a t-on appris.

Le PDG de la direction aurait, selon nos sources, intenté une action en justice contre le Syndicat National des Technicien de la Maintenance des Avions, auprès du tribunal de Dar el Beïda, qui a prononcé son illégalité.

Des perturbations toucheront l’ensemble des vols d’Air Algérie sur les réseaux domestique et international suite à une grève du personnel de la maintenance, a indiqué mercredi la compagnie aérienne nationale dans un communiqué.

 »Suite à un mouvement social sans aucun préavis déclenché par le personnel de la maintenance la nuit du 24 au 25 octobre, la compagnie Air Algérie informe sa clientèle que des perturbations toucheront l’ensemble des vols aussi bien sur les réseaux domestique qu’international », note le communiqué d’Air Algérie.
Pour rappel, les techniciens et travailleurs des services de maintenance des aéronefs ont entamé mardi une grève illimitée, en soulevant une série de revendications, notamment la révision de la grille de classement et des salaires, et ce, conformément aux dispositions de la convention collective, avait déclaré mardi soir à l’APS le président du Syndicat national des techniciens de la maintenance des avions (SNTMA), M. Ahmed Boutoumi.

Pour sa part, le P-dg d’Air Algérie, Bekhouche Allache, avait, dans un entretien téléphonique à l’APS, qualifié cette grève d' »illégale » car elle ne satisfait pas les conditions légales relatives à l’annonce d’une grève, d’autant plus qu’elle a été déclenchée subitement.
Il a ajouté que « la SNTMA n’a même pas daigné contacter la Direction générale de la compagnie pour discuter de leurs revendications, et ce, au terme de la réunion de leur assemblée générale extraordinaire, et a déclenché le mouvement de grève d’une manière contraire aux procédures en vigueur relatives aux mouvements de protestation ».

Pour sa part, le président de la SNTMA, M. Boutoumi, avait indiqué à l’APS que la grève entamée mardi serait « illimitée et à travers l’ensemble des aéroports du pays », et ,jusqu’à l’application des clauses de la convention collective, particulièrement celles relatives au classement, à la grille des salaire et aux primes.
« La convention collective, signée en 1999, a été contournée progressivement, deux ans seulement après son application », selon M. Boutoumi. « Les techniciens de maintenance et de mécanique sont classés, selon la convention collective, au deuxième rang après les pilotes, mais ils occupent en réalité les derniers rangs de classification », a ajouté M. Boutoumi, affirmant que le salaire de base des hôtesses et des stewards dépassait de quatre fois celui des techniciens de maintenance.

« Il est inconcevable que les techniciens de maintenance et de mécanique occupent les derniers rangs de classement tandis que la convention collective prévoit leur classement au deuxième rang après les pilotes », a ajouté M. Boutoumi.

« Nous avons décidé de poursuivre le mouvement jusqu’à satisfaction de nos revendications légitimes, à travers l’application de la convention collective de la compagnie », a-t-il avancé.