Un Mouloud sans pétards

Loin de nous cette époque où les pétards résonnaient sans répit, ici et là, quelques semaines avant la fête du Mawlid Ennabaoui. À quelques heures de cette fête religieuse musulmane, l’ambiance est bien calme. Il faut dire que les pétards pour célébrer une fête religieuse musulmane n’est pas chose courante. Il semblerait même que ce soit particulier à l’Algérie.

Un Mouloud sans pétards, est-il dû à la conjoncture économique, ou les services douaniers arrivent-ils à faire respecter l’interdiction de la vente des pétards? Pour quelle raison les pétards sont-ils interdits ? Est-ce dû à leur dangerosité croissante d’année en année ? Ou est-ce pour faire baisser la facture des importations ?

Un système sécuritaire défaillant :

Chaque année, des centaines de saisies sont annoncées. Paradoxalement, les tables des vendeurs exposent toutes les variantes de ces pétards. Notre pays ne fabrique pas de pétards, ils nous viennent de l’étranger. Ce qui veut dire qu’on les paie en devises. Ainsi, Ils doivent passer les guichets de la douane. Même si les pétards sont camouflés, il s’agit d’explosifs. Et si ceux-là  passent les contrôles sans être détectés, des armes de guerre peuvent aussi franchir les contrôles douaniers.

Faire baisser la facture des importations :

Chaque année, la facture des pétards et autres explosifs, s’élève à des millions de devises. En effet, les contrebandiers qui importent ces pétards font payer la facture en devises à l’État algérien. On facture n’importe quel objet (jouets, vaisselles…) pour transférer les devises des pétards. Il était donc primordial à l’État de commencer à mettre fin à des dépenses futiles, pour mieux contrôler ses capitaux.

Des victimes chaque année :

Par ailleurs, et sur le plan sanitaire, toutes les victimes des pétards, ont un coût financier que l’État verse aux hôpitaux. Vient s’ajouter à ces blessures, la pollution engendrée par les pétards et tout ce qu’on y met comme produits toxiques et cancérigènes.

Enfin, si l’État veut contribuer au bien-être de ses citoyens, il faut que les autorités accordent toute l’importance nécessaire aux nuisances sonores. Dans les pays avancés, elles font partie des pollutions majeures.